Le second déferlement des forces de la Féminité Absolue dans Chadanakar a produit dans Enrof, tel un écho, un adoucissement de la rigidité spirituelle dans l'être de nombreuses personnes : sinon, la fondation de l'Église sur terre par Jésus-Christ aurait été totalement impossible. Les églises chrétiennes, sous la forme interrompue et inachevée que l'histoire nous l’apprend, ne sont que de pâles reflets rudimentaires, limités et déformés de l'Église de Chadanakar qui réside dans les couches les plus élevées.
Entre quatorze et trente ans, Jésus séjournait en Iran et en Inde, où Il traversa la sagesse la plus profonde - atteinte alors par l'humanité - et même la dépassa largement.
Pourquoi Jésus n'a-t-Il pas exprimé Son enseignement par écrit ? Pourquoi a-t-Il choisi de confier cette tâche à Ses disciples ? Puisque, même inspirés par Dieu, les évangélistes restaient humains, et le grand ennemi ne dormait pas : même dans le Nouveau Testament, son influence pernicieuse est clairement distinguée par endroits. Mais le Christ ne pouvait pas exposer Son enseignement dans un livre, car c’est toute Sa vie qui constituait cet enseignement. L'enseignement comportait l'Immaculée conception et Sa naissance par une nuit paisible à Bethléem, illuminée par le chant des Anges ; Sa conversation avec Gagtoungre dans le désert et Ses pérégrinations sur les routes de Galilée ; Sa pauvreté et Son amour, la guérison des malades et la résurrection des morts, Sa marche sur l'eau et Sa transfiguration sur le mont Thabor ; Son martyre et Sa résurrection. Mais l’ennemi ancestral s’est insinué dans les failles : pénétrant la conscience humaine des auteurs des Évangiles, il est parvenu à déformer de nombreux témoignages, à pervertir et obscurcir des idées, à avilir et limiter l’idéal, et même à attribuer au Christ des paroles que le Sauveur ne pouvait prononcer. Nous n'avons toujours aucun moyen de distinguer le vrai du faux dans l'Évangile ; il n'existe pas de critères précis, pas de preuves évidentes. Tous ceux qui lisent le Nouveau Testament devraient se souvenir seulement que l’enseignement du Christ est toute Sa vie, et non pas seulement les paroles. Quant aux paroles qui Lui sont attribuées, il faut savoir que tout ce qui est en accord avec l'esprit d'amour est vrai, et tout ce qui est marqué par un esprit redoutable et impitoyable est erroné.
Il est difficile de dire à quel moment de la vie terrestre de Jésus l’angoisse et le doute sur l’accomplissement de Sa mission dans toute sa plénitude ont surgi dans son âme. Mais durant la dernière période de Son activité de prédication, Ses paroles – telles que nous les connaissons par l’Évangile – montrent de plus en plus clairement Sa disposition à l’idée que le prince des ténèbres puisse être en parti un vainqueur temporaire. En effet, la manifestation visible d'une telle victoire partielle fut la trahison de
Judas et le
Golgotha.
Le motif subjectif de la trahison de Judas était que le Christ, par Son incarnation parmi les humains, avait détruit dans l'esprit de Judas le rêve juif du Messie comme roi national et le maître du monde. Ce rêve brûlait ardemment dans le cœur de Judas toute sa vie, jusqu'au jour de sa rencontre avec Jésus, et son effondrement était pour lui une grande tragédie. Il n’avait pas un moindre doute quant à la divinité de Jésus, et sa trahison était un acte de haine mortelle, un déicide explicitement conscient. D’une façon générale, trente pièces d'argent, ce mobile de la cupidité, n'était qu'un déguisement entrepris à la hâte : il ne pouvait quand-même pas révéler les véritables motifs de son crime devant les gens ! C’est précisément la nature de ces véritables motivations qui provoqua cette forme de châtiment karmique d’une sévérité sans précédent, à savoir sa chute dans le Jourch.
Il en ressort clairement l'immensité de l’importance des événements qui se sont déroulés à Jérusalem après l'entrée triomphale de Jésus-Christ dans cette ville. À ce stade, le Logos Planétaire n'a pas pu encore préparer Son incarnation à la métamorphose ; le Golgotha Le condamnait à une mort humaine atroce. Il ne cherchait pas à éviter l'exécution, même s'Il en était capable : ceci aurait été un repli et, de toute façon, Gagtoungre Le ferait périr plus tard. Mais après Sa mort, un autre type de métamorphose Lui s'avéra possible : c’est la résurrection. Mais entre ces deux actes, eut lieu Sa descente dans les mondes des Représailles, ce qui ébranla Chadanakar, et l'ouverture des portes de ces mondes éternellement fermées, et ceci valut véritablement à Jésus le nom de Sauveur. Il traversa toutes les couches des magmas et du noyau ; seule l’entrée du Soufeth (la couche de l'anti-cosmos, La Rose du Monde, livre 4, chapitre 2) se révéla insurmontable. Tous les autres passages étaient débloqués, les verrous arrachés, les souffrants élevés – certains vers les mondes de la Lumière, d’autres vers les chrastres, les troisièmes vers les couches supérieures des Représailles, qui commencèrent alors à se transformer de tourments éternels en purgatoires temporaires. Ainsi commença le grand assouplissement de la Loi du karma, et il ne cessa de s'accroître par la suite.
Le corps physique du Sauveur, reposant dans le tombeau, s'illumina et, ramené à la vie, entra dans une autre couche supérieure à matérialité tridimensionnelle – dans l’Olirne. Voilà ce qui explique les particularités surprenantes de Son corps physique remarquées par les apôtres entre Sa résurrection et Son ascension, notamment, le pouvoir de traverser les objets de notre monde et, en même temps, la capacité de consommer de la nourriture ou encore la rapidité phénoménale de parcourir l'espace. Et la nouvelle et seconde métamorphose, décrite dans l'Évangile comme l'ascension, ne fut rien d'autre que le passage du Sauveur de l'Olirne à un niveau encore plus élevé, dans la couche suivante parmi celles qui existaient à l'époque. Quelque temps plus tard, Il conduisit Marie la Mère de Dieu à travers cette métamorphose, et quelques décennies plus tard, l'apôtre Jean. Par la suite, d'autres grandes âmes humaines étaient passées par ces métamorphoses, elles aussi.
Voici depuis dix-neuf siècles déjà, en remontant progressivement en puissance, Le Ressuscité dirige la lutte de tous les principes lumineux de Chadanakar contre les principes démoniaques. Durant les premiers siècles du christianisme, de nouvelles couches d'illumination furent créées - le Fayer, le Nertis, la Gotimne, puis l’Usnorme, et le mouvement de plusieurs millions d'êtres illuminés à travers cette sakouale s'accéléra. Un puissant courant de spiritualité traversait les églises chrétiennes, purifiant et éclairant de plus en plus d'âmes humaines ; ont surgi et prospéré les zatomis éblouissants de métacultures chrétiennes, avec leurs synclites peuplés devenant de plus en plus lumineux. L'immense processus de conversion des lieux de souffrance en purgatoires a atteint à peine la moitié de son chemin à notre époque ; la sakouale des magmas attend encore sa transformation, et quant aux purgatoires mêmes, ils doivent évoluer progressivement, eux aussi. Le principe de châtiment en sera totalement éliminé ; pour les âmes au corps éthérique alourdi, il y aura une assistance spirituelle des Synclites, qui ne peut être comparée à une guérison au lieu de punition.